Comprendre la périménopause pour tenter de l’apprivoiser

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Saviez-vous que la ménopause ne durait en fait que 24 h ? Ce sont les jours, les mois et même les années qui mènent à la ménopause qui peuvent affecter profondément votre corps et votre moral. J’ai fait beaucoup de lectures à ce sujet dernièrement, et je voulais partager mes trouvailles. Un peu comme des conseils d’amie, pour s’aider à traverser cette période tumultueuse. Parce que des hauts et des bas, j’en vivrai et vous également !

Dans le documentaire de Véronique Cloutier, Loto-Méno, elle met le doigt sur un gros problème de notre société. Nous n’avons pas beaucoup d’information au sujet de la ménopause, et encore moins sur la périménopause, et nous n’en demandons pas non plus. Comprendre la périménopause et ce qui s’en suit n’est pas sur notre liste de priorités. Dans un article paru sur le site de Radio-Canada, Véronique Cloutier résume ce phénomène assez bien :

C’est à cause de l’image qu’on a de la femme ménopausée : c’est une vieille fru qui a chaud 

Véronique Cloutier, qui caricature juste un peu

Ce documentaire, qui est une quête de sens qu’a entreprise Véronique Cloutier – mais qui rejoint la réalité d’une majorité des femmes québécoises -, est de mon avis la première vraie discussion au sujet de la ménopause. Le premier morceau du puzzle pour comprendre la périménopause. Grâce à elle, et à toutes les personnes qui ont accepté d’en parler publiquement, nous pouvons envisager de participer à la conversation.

Et la conversation ne fait que commencer. Je vous posais une question au début de ce texte. Beaucoup seront surprises d’apprendre que la ménopause est techniquement le jour où une femme a traversé 12 mois consécutifs sans menstruations. Après cette journée, on parle de postménopause. L’âge moyen de la ménopause au Canada et aux États-Unis est de 51 ans, bien que certaines femmes puissent souffrir de ménopause précoce.

Ce qui se passe avant la ménopause, c’est la périménopause.

«Une période de transition, appelée périménopause, précède la ménopause et dure environ cinq ans. Celle-ci est marquée par de grandes variations hormonales, une anarchie des cycles menstruels.»

Sylvie Dodin, gynécologue et professeure titulaire au département d’obstétrique-gynécologie de l’hôpital Saint-François d’Assise du Centre hospitalier universitaire de Québec. (Source : La Presse)

Pendant ces cinq ans, les œstrogènes et la progestérone (les hormones sexuelles responsables de la grossesse) commencent à fluctuer de façon inégale. Cela signifie qu’à l’âge de 40 ans, vous pouvez déjà commencer à ressentir ces symptômes – et beaucoup d’entre eux peuvent vous prendre par surprise.

Comme on l’apprends dans Loto-Méno, ces symptômes sont souvent attribués à autre chose.  » C’est triste. On va psychiatriser les femmes, on va les mettre sur toutes sortes de médicaments, parce qu’elles vont développer toutes sortes de problèmes de santé, alors que c’est hormonal à la base « , explique Dre Lyne Desautels.

Les symptômes sont nombreux : bouffées de chaleur, perte de mémoire, palpitations cardiaques, anxiété, changements d’humeur, sécheresse de la peau et apparition d’acné, insomnie…

Au secours, j’ai chaud!!!!

Statistiquement, 75 % des femmes auront des bouffées de chaleur pendant la périménopause et les premières années de la postménopause. Jusqu’à 15 % des femmes auraient des bouffées de chaleur qui leur causent des perturbations majeures du sommeil et des activités quotidiennes. Cela entraîne de la fatigue, du stress et de l’irritabilité.

Les bouffées de chaleur se traduisent souvent par une transpiration digne d’un cours de spinning, des rougeurs sur le visage et une accélération du rythme cardiaque.

Les bouffes de chaleur se produisent lorsque la baisse du taux d’œstrogènes perturbe le thermostat du corps, lui faisant croire que vous avez trop chaud. La bouffée de chaleur, contre-intuitivement, est la façon dont votre système se rafraîchit. Les flashs peuvent être précédés d’un sentiment de malheur imminent, ce qui explique qu’on peut les confondre avec des crises de panique.

Toutefois, l’hormonothérapie semble être efficace contre les bouffées de chaleur si j’en crois la littérature publiée. Certains articles rédigés pour comprendre la périménopause parlent de produits naturels, mais ça ne semble pas être bien efficace.

Des oublis plus fréquents et plus inquiétants

Il peut donc arriver d’oublier un mot en pleine conversation. Ou d’oublier par exemple comment retirer de l’argent du guichet. Cela peut être épeurant, ce sont des manifestations courantes des fluctuations des niveaux hormonaux. Les œstrogènes ont effectivement un impact sur le fonctionnement du cerveau.

J’ai remarqué que la plupart des publications à ce sujet recommandent de l’exercice vigoureux, d’arrêter de fumer et de mieux manger (beaucoup de fruits et légumes, de légumineuses, de céréales complètes, de « bonnes graisses » , de produits laitiers fermentés et de petites quantités de protéines animales). Cela aiderait également à prévenir contre la démence et l’Alzheimer. La marche est également fréquemment citée comme traitement préventif et bienfaisant.

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Crédit photo : https://unsplash.com/@kaimantha

C’est normal que je devienne comme Dr. Jekyll et Mme Hyde ?

La dépression, l’anxiété et la colère sont des symptômes qu’il faut tenir en compte pour comprendre la périménopause. Cela serait dû à l’œstrogène et la progestérone, qui ont un impact sur les neurotransmetteurs dans notre cerveau. Les fluctuations drastiques affecteraient notre humeur. On parle même de crises de colère, même chez des femmes habituellement très calmes.

Dans une étude menée par la société de télémédecine Evernow auprès de 40 000 femmes, 60 % d’entre elles ont déclaré souffrir d’anxiété ou de dépression pendant la périménopause ou la ménopause. Sur le site Healthline, on apprend que selon des études datant du début des années 2000 et publiées dans les Archives of General Psychiatry, les chercheurs ont constaté que les femmes périménopausées étaient deux fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic de trouble dépressif majeur (TDM) que celles qui n’avaient pas encore entamé de transition hormonale.

N’hésitez jamais à en parler avec votre médecin, et au besoin, à vous tourner vers des antidépresseurs qui peuvent vous aider.

Mes règles me jouent des tours

Parce que j’ai un trouble dysphorique prémenstruel, j’ai installé une application pour garder une trace de mes menstruations. Et dernièrement, j’ai remarqué des changements. Mon cycle est régulier, mais depuis la dernière année, ça m’est arrivé d’avoir des retards importants. Les menstruations peuvent devenir détraquées, avoir deux semaines de retard ou deux semaines d’avance…

Avoir l’application me permet de comprendre ce qui se passe dans mon corps. Si une pub normale me donne envie de pleurer, je consulte mon appli. Si j’ai envie de mordre mon chum pour aucune raison apparente, je consulte mon appli. Si j’ai soudainement une rage de sucre, je consulte mon appli. Il y a des fortes chances qu’elle m’informe que je serai menstruée dans plus ou moins six jours…

J’ai lu que de prendre la pilule contraceptive en faible dose peut aider à réguler ses menstruations. Elles peuvent même être prises de façon continue pour les éliminer. Perso, je ne peux pas prendre d’hormones contraceptives (embolie pulmonaire majeure oblige…). Je me tourne donc vers la patience, et les culottes menstruelles, qui peuvent m’aider lors de menstruations surprises!

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